Des additifs nocifs partout dans nos assiettes… à quel prix ?

A moins d’être un scientifique ayant accès aux études et aux avis officiels, il est difficile de savoir parmi les 330 additifs autorisés en Europe, lesquels peuvent être consommés les yeux fermés. Le Comité scientifique de l’Agence européenne des aliments (EFSA) constitue des dossiers sur chaque additif, donne son avis et établit une dose maximale journalière par additif (DJA) pour laquelle il n’y aurait pas de danger pour la santé. Faute de données jugées suffisantes pour l’évaluation de la toxicité, certains additifs continuent à être autorisés… Cependant, suite aux nombreuses études scientifiques alertant sur la toxicité de nombreux additifs, l’EFSA a planifié la réévaluation de tous les additifs d’ici 2020, (avec une priorité sur les colorants). En attente du verdict, voici un récapitulatif sur les additifs.

Tout d’abord, qu’est ce qu’un additif alimentaire ?

Il s’agit d’une substance ajoutée à un aliment pour une fonction non nutritive : les colorants (E 100), les conservateurs (E 200), les antioxydants (E 300), les agents de texture (E 400), les antiagglomérants (E 500), les exhausteurs de goût (E 600) ou les édulcorants (E 900). Ils servent soit à compenser l’utilisation de produits de mauvaise qualité (bas coût), soit à augmenter la durée de conservation ou encore à améliorer l’aspect du produit.

Si le Comité scientifique de l’Agence européenne des aliments donne une DJA, celle-ci ne tient pas compte de l’ « effet cocktail » !

A titre d’exemple, le Taillefine aux fruits rouges 0% (1) contient au total 8 additifs : 3 épaississants, pectine (E 440), amidon transformé (E 1422), carraghénanes (E407) ; 3 correcteurs d’acidité,  acide citrique (E 330), citrate de sodium (E 331), acide lactique (E 270) et 2 édulcorants, sucralose (E 955) et acésulfame K (E 950).

Des additifs nocifs partout dans nos assiettes

Respect des réglementations par les fabricants ?

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rapporte en juillet 2015, 25% de non-conformité sur les boissons et les aliments sucrés : présence d’additifs non autorisés,  défaut de signalement d’aluminium, etc.

Risques et précautions

Selon la communauté scientifique, les additifs favorisent :

  • Les troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH) : selon une quinzaine d’études cliniques américaines, supprimer les colorants de l’alimentation des enfants atténue les troubles de 30 à 40% (1) ainsi que l’irritabilité et les troubles du sommeil chez les enfants (2)

  • L’urticaire et l’asthme (3)

  • Les troubles du fonctionnement de la thyroïde (notamment cancer à forte dose) (1)

  • Les perturbations de la formule sanguine : hémoglobine, globules rouges (1)

  • La baisse du système immunitaire, l’inflammation du colon, l’apparition de lésions pré-cancéreuses chez le rat (4)

  • Des perturbations de la fonction de reproduction (perturbateurs endocriniens)

Ils sont donc particulièrement à éviter :

  • En cas de prédisposition au cancer et de problème d’immunité

  • Si problèmes neurologiques

  • En cas de terrain allergique, d’asthme et d’intolérance aux sulfites

  • Chez l’enfant, pendant la grossesse et l’allaitement

  • En cas d’anomalie de la formule sanguine (notamment le bleu patenté E 131)

Les colorants

Présents notamment dans les boissons, les bonbons, les gâteaux, les confitures, les glaces mais également la viande, le fromage, la charcuterie et les médicaments,  les colorants servent uniquement à colorer pour être plus attractifs…  Et pourtant, les risques sont reconnus élevés par la communauté scientifique.

Attention plus particulièrement au caramel de sulfite caustique (E 150 b) qui peut provoquer des réactions d’intolérance surtout chez les asthmatiques pouvant aller jusqu’au choc anaphylactique.

Les conservateurs(5) 

Ils sont destinés à prolonger la durée de vie des aliments en les protégeant des altérations dues aux bactéries, levures et moisissures.

Les nitrites dans la charcuterie sont utilisés par les industriels pour enrayer le risque de botulisme mais surtout pour conserver une couleur rose ou rouge à la charcuterie. En effet, certains producteurs proposent de la charcuterie sans nitrite sans exposer pour autant les consommateurs au risque de botulisme. Le nitrite de potassium (E 249), le nitrite de sodium (E 250), le nitrate de sodium (E 251) et le nitrate de potassium (E 252) sont classés cancérogènes probables par le Centre international de Recherche sur le cancer mais sont néanmoins autorisés en Europe.

Les antioxydants

Présents dans les huiles, les céréales, les soupes, les pâtisseries, ils aident à prolonger la durée de vie des aliments en évitant leur oxydation.

Les additifs à base de phosphate (E 338, E 339, E 340, E 341 et E 343) font augmenter le taux de phosphore. Un excès de phosphore entraîne des risques accrus de maladies cardio-vasculaires, osseuses et rénales, mais également de cancer du sein.

Les agents de texture

Les agents de texture servent à épaissir, émulsifier, gélifier, etc. Ils sont présents dans les yaourts allégés, les confitures, les pâtes, les boissons alcoolisées, les sauces, les huiles, les soupes, les produits de boulangerie et le cacao en poudre.

Les polysorbates (E 432, E 433, E 434, E 435 et E 436) et les carboxyméthyl cellulose (E 466, E 468 et E 469) favorisent les maladies auto immunes et le cancer colorectal.

Les antiagglomérants

Ils sont majoritairement constitués d’aluminium. Nous savons aujourd’hui qu’une partie de l’aluminium ingéré se retrouve dans le cerveau alors qu’il s’agit d’un neurotoxique avéré chez l’animal. Chez l’homme la toxicité est établie pour les personnes subissant une dialyse. Par ailleurs, les antiagglomérants sont soupçonnés de favoriser le développement de la maladie d’Alzheimer.

Les exhausteurs de goût

Les exhausteurs de goût renforcent le goût et l’odeur des aliments. Les glutamates (E 620, E621, E 622, E 623, E 624, E 625) rehaussent le goût et stimulent l’appétit … Ils sont présents dans les sauces, les assaisonnements et les condiments. Ils sont probablement neurotoxiques, entraînent troubles de l’appétit et favorisent l’obésité.

Les édulcorants, de faux alliés minceur

En 2015, l’ANSES révèle que les édulcorants ne favorisent ni le contrôle du poids, ni celui de la glycémie chez les personnes diabétiques. Effectivement, avec les édulcorants, le cerveau ne disposant plus de données fiables sur la quantité de calories ingérées, il nous pousse à en consommer plus. Par ailleurs, l’aspartame est un neurotoxique et cancérogène potentiel.

Des additifs nocifs partout dans nos assiettes

Et le bio dans tout ça ?

Sur les 338 existants sur le marché européen,  51 additifs sont autorisés en bio et seuls 7 sont à éviter. Ainsi, si le label biologique ne garantit pas à 100% d’éviter les additifs nocifs, il en réduit fortement le nombre. Les additifs autorisés en bio mais néanmoins à éviter sont :

  • Le dioxyde de soufre (E 220)

  • Le métabisulfite de potassium (E 224)

  • Le nitrite de sodium (E 250)

  • Le nitrate de potassium (E 250)

  • Le phosphore monocalcique (E 341)

  • Les carraghénanes (E 404)

  • L’hydroxypropyméthylcellulose (E 464)

Concrètement comment les éviter ?

  • Premièrement, utiliser des applications telle que Yuka qui analyse en 1 seconde les ingrédients et vous révèle la présence d’additifs nocifs ou non. Toutefois, la limite de ces applications est qu’elles ne voient que ce qui est déclaré. Or les additifs peuvent être présents sous forme de nanoparticules sans que cela ne soit indiqué(6)… Mille fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, elles traversent les barrières biologiques, comme la paroi cellulaire. Sans parler des fraudes !

  • Deuxièmement, acheter un maximum de produits bio non transformés et cuisiner (consultez notre Astuce Plat préparé vs Fait Maison)

  • Enfin, encore une fois attention aux populations les plus fragiles : bébés, femmes enceintes, personnes immunodéprimées et celles avec des prédispositions aux cancers

Des additifs nocifs partout dans nos assiettes

(1) Source : Le nouveau Guide des additifs Anne-Laure Denans et la Nutrition, 2017

(2)  Source : Rowe KS. Synthetic food coloring and behaviour : a dose response effect in a double blind placebo controlled repeated measures study. J Pediatr 1994 Nov ; 125(5 Pt 1) :691-8

(3) Source : Dipalma JR. Tartrazine sensitivity. Am  Farm Physician. 1990 Nov; 42(5) :1347-50.

(4) Source : Bettini S et al. Food-grade TiO2 impairs intestinal and systemic immune homeostasis, initiates preneoplastic lesions and promotes abberant crypt development in the rat colon. Sci. Rep. 40373 ; doi :10.1038/srep40373 (2017).

(5) Les conservateurs utilisés sont les nitrates et bitrites, les sulfites, l’anhydride sulfureux, l’acide borique, le tétraborate de sodium, l’acide sorbique, les sorbates de potassium et de calcium, l’acide benzoïque, le benzoate de sodium, les parabènes, l’acide lactique, l’acide tartrique, etc.

(6) Source : https://www.60millions-mag.com/2015/03/19/nanoparticules-dans-les-aliments-la-loi-du-silence-7988

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